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Navigateur vie privée : 6 options et qui paie derrière
Google a renoncé à empêcher les publicitaires de vous suivre dans Chrome. Ce que Brave, Firefox, Mullvad, Tor, LibreWolf et DuckDuckGo bloquent vraiment — et qui paie pour chacun.
Google avait promis de supprimer les cookies publicitaires de Chrome. C’est annulé, et c’est Google qui l’écrit : les technologies censées les remplacer sont toutes marquées « en cours de retrait » dans son propre tableau de statut officiel. Autrement dit, le navigateur le plus utilisé au monde continuera de laisser les publicitaires vous suivre de site en site, en 2026 comme après.
Changer de navigateur est donc redevenu le levier le plus efficace dont vous disposez. Reste à savoir lequel, et cette page part d’un angle que les comparatifs évitent : qui finance le navigateur que vous installez. Un navigateur gratuit coûte des dizaines de millions par an à développer. Comprendre d’où vient cet argent en dit plus long sur vos données que n’importe quelle liste de fonctionnalités.
Résumé rapide
- Brave est le meilleur compromis pour la majorité des lecteurs : protections actives par défaut, aucun réglage à faire, aucune perte de confort.
- Firefox est le seul grand navigateur à ne pas tourner sur le moteur de Google, et il cloisonne les cookies de chaque site par défaut depuis juin 2022.
- Mullvad Browser est le choix le plus strict contre le pistage publicitaire, et le seul dont l’éditeur déclare ne gagner aucun argent dessus.
- Tor Browser protège votre adresse IP, ce qu’aucun autre ne fait — au prix d’une navigation nettement dégradée.
- LibreWolf n’a aucune mise à jour automatique. Si vous ne suivez pas les correctifs de sécurité vous-même, ce navigateur vous expose plus qu’il ne vous protège.
- Le mode « navigation privée » ne protège pas votre vie privée. Mozilla l’écrit noir sur blanc sur sa propre page produit.
Quel navigateur choisir selon votre besoin
| Votre besoin principal | Navigateur conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Protection immédiate, sans rien configurer | Brave | boucliers actifs dès l’installation, extensions Chrome compatibles |
| Ne pas dépendre du moteur de Google | Firefox | seul grand navigateur indépendant, développé par une fondation |
| Échapper au maximum au pistage publicitaire | Mullvad Browser | vous rend indiscernable des autres utilisateurs |
| Masquer votre adresse IP aux sites visités | Tor Browser | seul à faire transiter le trafic par le réseau Tor |
| Une recherche et un navigateur cohérents | DuckDuckGo | protections et moteur de recherche du même éditeur |
| Ne rien laisser remonter à un éditeur | LibreWolf | Firefox dépouillé de toute collecte de données |
Ce qui a changé, et pourquoi ça compte
Pendant cinq ans, l’argument « attendons, Chrome va supprimer les cookies tiers » a servi à ne rien faire. Cet argument est mort.
Google avait lancé en 2019 un chantier baptisé Privacy Sandbox : remplacer les cookies publicitaires par des méthodes de ciblage censées être moins intrusives. Le projet a été démonté par étapes à partir du printemps 2025, la presse spécialisée situant l’abandon des dernières pièces à l’automne de la même année. La page de statut de Google liste aujourd’hui ce démontage, fonction par fonction.
Le calcul est simple : sur le navigateur dominant, la mesure par défaut reste favorable aux annonceurs. Aucune évolution réglementaire ne compensera cela à votre place. Le seul réglage que vous contrôlez entièrement, c’est le logiciel que vous ouvrez le matin.
Ce qu’il faut comparer avant de choisir
Deux façons de brouiller votre empreinte, et elles s’excluent
D’abord, un mot sur ce qu’est une empreinte numérique, parce que tout se joue là. Même sans cookie, un site peut vous reconnaître à partir des détails de votre ordinateur : taille exacte de la fenêtre, fuseau horaire, langue, polices installées, modèle de carte graphique. Pris un par un, ces détails sont anodins. Mis bout à bout, ils forment une combinaison si particulière qu’elle vous identifie presque aussi sûrement qu’un nom. C’est votre empreinte, et c’est ce que les navigateurs de cette page cherchent à brouiller.
Deux méthodes existent pour ça, et les comparatifs français les alignent comme deux degrés d’une même protection. Ce sont en réalité deux stratégies opposées.
Tor et Mullvad vous rendent identique aux autres. L’objectif affiché par Mullvad est que tous ses utilisateurs se ressemblent, jusqu’à « n’apparaître que comme un seul » (page officielle Mullvad Browser). Vous devenez anonyme parce que vous êtes indiscernable de centaines de milliers de personnes qui ont exactement la même configuration apparente.
Brave fait l’inverse : il vous rend différent en permanence. Son objectif documenté est que chaque navigateur paraisse « complètement unique, d’un site à l’autre et d’une session à l’autre », et il abandonne explicitement l’idée de rendre tous les navigateurs identiques (note technique Brave). Le navigateur modifie légèrement les détails qu’il transmet, si bien qu’aucun site ne peut relier vos visites entre elles.
Les deux méthodes marchent. Mais elles ne s’additionnent pas, et la première a une faiblesse : se fondre dans la masse ne fonctionne que si vous ne personnalisez rien.
Vos extensions « vie privée » vous rendent identifiables
Ajouter des bloqueurs par-dessus un navigateur déjà protégé se retourne contre vous, et les projets concernés le disent eux-mêmes. Le Tor Project déconseille formellement d’installer des modules complémentaires dans son navigateur, parce qu’ils peuvent court-circuiter ses protections ou révéler votre identité (page de téléchargement du Tor Project). L’équipe de LibreWolf avertit de la même façon que toucher à un seul de ses réglages de protection peut « le rendre inutile » (FAQ LibreWolf).
La raison découle directement de ce qui précède : votre empreinte est la liste de vos particularités. Chaque extension installée, chaque police ajoutée, chaque fenêtre redimensionnée en ajoute une. Sur un navigateur qui vous protège en vous rendant banal, personnaliser détruit exactement la protection qu’on est venu chercher.
Le mode navigation privée ne fait pas ce que vous croyez
Il vaut la peine d’être explicite, parce que c’est la première question posée à ce sujet sur le web francophone. Mozilla liste elle-même ce que son propre mode privé ne fait pas : il ne protège pas des logiciels malveillants, n’empêche pas les sites de connaître votre position, et n’empêche pas votre fournisseur d’accès de suivre votre activité (page navigation privée de Firefox). Mozilla recommande d’ailleurs un VPN pour ce dernier point.
Le mode privé efface l’historique local. Il ne vous rend pas invisible. C’est un outil pour partager un ordinateur, pas pour échapper au pistage.
Ce qui tourne sous le capot, et pourquoi ça dépasse votre cas
Sous l’interface de chaque navigateur tourne un moteur, la machinerie qui transforme le code d’une page en ce que vous voyez à l’écran. Il n’en existe pratiquement plus que deux : celui de Google, utilisé par Chrome, Edge, Brave, Vivaldi et Opera, et celui de Firefox, dont dépendent aussi LibreWolf, Tor Browser et Mullvad Browser.
Cela ne rend pas Brave moins protecteur au quotidien. Mais chaque personne qui quitte le moteur de Firefox rapproche le web d’une situation où un seul acteur — un annonceur — décide de ce qu’un navigateur peut faire. Si cet argument compte pour vous, il tranche le choix à lui seul.
Les six navigateurs à considérer
Brave
Développé par l’entreprise américaine Brave Software, sur le moteur de Google. Ses protections sont regroupées sous un seul bouton, les Brave Shields, actif dès l’installation : traqueurs bloqués, cookies publicitaires bloqués, empreinte numérique brouillée.
Le navigateur fait aussi le ménage dans les détails qui fatiguent : il nettoie les liens des mouchards que les sites y accrochent, cloisonne les données de chaque site pour qu’elles ne circulent pas d’un onglet à l’autre, contourne les pages allégées que Google impose depuis ses résultats, et propose des fenêtres privées qui passent par le réseau Tor pour masquer votre adresse IP (liste officielle des protections).
Pourquoi le choisir
- C’est le seul de cette liste qui ne demande rien : vous installez, et la protection est en place. Pour un lecteur qui ne veut pas devenir administrateur de son navigateur, cet argument pèse plus lourd que quelques points de rigueur théorique.
- Les extensions Chrome fonctionnent, ce qui supprime le principal frein au changement.
- La randomisation d’empreinte est active sans intervention et sans casser les sites.
Limites
- Brave vit de la publicité qu’il vend lui-même. Son système Brave Rewards vous propose d’accepter ses propres annonces en échange d’une part des revenus, versée en cryptomonnaie ; le choix des annonces se fait sur votre appareil, sans envoyer vos données ailleurs (présentation officielle). Rien ne vous oblige à l’activer, et c’est désactivé au départ. Il reste que l’entreprise qui vous protège de la publicité gagne son argent avec de la publicité.
- Le moteur est celui de Google, avec ce que cela implique pour l’équilibre du web.
- Le navigateur envoie des statistiques d’usage à Brave, que l’entreprise présente comme anonymes.
Firefox
Développé par Mozilla, c’est le seul grand navigateur à ne pas tourner sur le moteur de Google. Sa protection la plus importante s’appelle l’isolation totale des cookies et le principe est simple : chaque site que vous visitez reçoit son propre bocal, et les cookies qu’il dépose ne peuvent pas en sortir. Un traqueur présent à la fois sur un site de cuisine et sur un site de voyage se retrouve avec deux bocaux séparés, incapable de faire le lien entre vos deux visites. C’est actif par défaut sur ordinateur depuis juin 2022, et cela s’applique à tous les cookies, pas seulement à une liste de traqueurs déjà connus (annonce Mozilla).
Pourquoi le choisir
- C’est le seul moyen de ne pas renforcer le moteur de Google.
- La séparation par site protège même contre les traqueurs que personne n’a encore repérés, là où une liste noire a toujours un train de retard.
- Le niveau de protection « Stricte » s’active en deux clics et change nettement la donne.
- Beaucoup d’extensions, et de la documentation en français facile à trouver.
Limites
- Le vrai point faible est financier, et presque personne ne l’écrit. Mozilla est payée par les moteurs de recherche pour les installer dans Firefox, et ces versements représentaient environ 495 millions de dollars sur 653 millions de revenus en 2023 — soit à peu près trois quarts de ses ressources, versés en majorité par Google. Ces chiffres viennent de la presse spécialisée, Mozilla ne publiant ses comptes qu’en documents comptables : prenez-les comme un ordre de grandeur daté. Il suffit à poser le problème : le principal contre-pouvoir à Google est financé par Google.
- Les protections par défaut restent en dessous de celles de Brave si vous ne touchez à aucun réglage.
Mullvad Browser
Développé par l’entreprise suédoise Mullvad en partenariat avec le Tor Project, celui qui édite Tor Browser. Son éditeur le résume ainsi : c’est Tor Browser sans le réseau Tor. Vous récupérez donc toute la protection contre l’empreinte numérique, mais sans le détour qui ralentit la navigation — et sans le masquage de votre adresse IP, que seul ce détour permet. Gratuit, que vous soyez client de leur VPN ou non (page officielle).
Pourquoi le choisir
- La déclaration la plus inhabituelle de tout ce comparatif, et Mullvad l’écrit noir sur blanc : l’entreprise ne gagne rien sur ce navigateur, ses revenus viennent de son service VPN. Pas de publicité, pas d’accord avec un moteur de recherche, rien à tirer de votre navigation. C’est le seul de cette page dont l’équilibre financier ne dépend pas de ce que vous faites avec.
- La protection contre l’empreinte vient de l’équipe de Tor, sans la lenteur de Tor.
- Contre le pistage publicitaire, c’est le choix le plus strict qui reste utilisable au quotidien.
Limites
- Ordinateur uniquement — Windows, macOS, Linux. Il n’existe pas sur téléphone. Si vous naviguez surtout sur mobile, passez votre chemin.
- La protection se paie en confort : certains sites s’affichent mal, et il faut accepter de ne pas personnaliser le navigateur.
- Très peu connu en France, donc peu d’aide en français si vous coincez.
Tor Browser
Le seul navigateur de cette page qui masque votre adresse IP aux sites visités. Édité par le Tor Project, une organisation à but non lucratif financée par les dons. Disponible sur Windows, macOS, Linux et Android ; sur iOS, le projet renvoie vers Onion Browser (page de téléchargement).
Pourquoi le choisir
- Aucun autre outil de cette liste ne cache votre IP. C’est une catégorie de protection à part, pas un degré supplémentaire.
- Financement par dons, statut non lucratif : aucun intérêt commercial dans votre navigation.
- Indispensable pour du journalisme, du lancement d’alerte, ou une navigation dans un pays qui censure.
Limites
- La navigation est lente et les captchas nombreux. Certains services bancaires et commerciaux bloquent purement le réseau.
- Les consignes d’usage sont strictes : pas de téléchargement en torrent, aucune extension, et l’horloge de votre ordinateur doit être à l’heure sinon la connexion échoue.
- Ce n’est pas un navigateur de tous les jours pour la plupart des gens, et le présenter comme tel est le principal travers des comparatifs qui le classent premier.
LibreWolf
Une version modifiée de Firefox, entretenue par des bénévoles sans aucun lien avec Mozilla. Tout ce qui remonte des informations à un éditeur a été retiré, et la protection maximale contre l’empreinte numérique est activée d’office (FAQ officielle).
Pourquoi le choisir
- Les protections sont intégrées au logiciel, pas ajoutées par-dessus : aucune mise à jour ne viendra les remettre à zéro.
- Rien ne remonte à personne : aucune statistique, aucun compte, aucun service annexe.
- Si vous voulez Firefox sans les choix commerciaux de Mozilla, c’est la réponse la plus nette.
Limites
- LibreWolf ne se met pas à jour tout seul. Le projet l’écrit lui-même : le logiciel n’a aucune fonction de mise à jour automatique et compte sur vous, ou sur votre système, pour installer les nouvelles versions. Elles sortent en général dans les trois jours suivant Firefox, mais encore faut-il les installer. Sur un navigateur, un correctif de sécurité non installé est une porte laissée ouverte — c’est la raison pour laquelle nous ne le conseillons pas à quelqu’un qui n’a pas l’habitude de gérer ses mises à jour à la main.
- La protection maximale a un coût visible tous les jours : impossible d’avoir un thème sombre, le fuseau horaire affiché est faux, la taille de la fenêtre ne peut pas être choisie. Certaines images s’affichent rayées, et la visioconférence demande de désactiver une protection pour fonctionner.
- Modifier un seul de ces réglages pour retrouver du confort peut annuler la protection. Ce navigateur suppose que vous acceptez ses contraintes en bloc.
DuckDuckGo
L’éditeur du moteur de recherche propose aussi son navigateur, et c’est celui dont les protections sont les mieux détaillées publiquement. Les traqueurs sont bloqués avant même d’être chargés, ce qui les empêche au passage de voir votre adresse IP. Les cookies publicitaires sont bloqués, et ceux que les sites déposent eux-mêmes expirent au bout de 24 heures ou de 7 jours selon les cas, au lieu de rester des mois.
Deux autres fonctions se remarquent à l’usage : le navigateur nettoie les liens des mouchards qu’ils transportent, et il répond automatiquement aux bandeaux cookies en choisissant l’option la plus protectrice, ce qui vous évite de cliquer sur « refuser » vingt fois par jour (documentation des protections).
Pourquoi le choisir
- La cohérence : le navigateur et le moteur de recherche viennent du même éditeur, qui n’a donc aucun accord publicitaire à négocier avec un concurrent.
- Les bandeaux cookies gérés tout seuls sont le gain de confort le plus immédiat de toute cette liste.
- Le code est public et librement consultable.
Limites
- L’éditeur reconnaît que le niveau de protection change selon l’appareil : ses extensions pour Firefox et Chrome sont les plus complètes, les applications pour téléphone sont bridées par le système. Vous n’avez pas la même chose partout.
- Le navigateur est plus pauvre que les autres : gestion des onglets sommaire, et très peu d’extensions disponibles.
- Aucune des pages officielles que nous avons consultées ne précise sur quel moteur repose la version pour ordinateur. C’est un manque de transparence gênant venant d’un produit qui met l’auditabilité en avant.
Le cas Vivaldi, et pourquoi nous ne le retenons pas
Vivaldi apparaît dans presque tous les classements français de navigateurs « vie privée ». Nous ne le mettons pas dans cette liste, et voici les deux raisons.
D’abord, son interface reste secrète. Vivaldi l’assume dans sa propre documentation : le navigateur n’est pas entièrement ouvert. La partie technique reprise du moteur de Google est bien publiée, mais l’interface — celle qui affiche vos onglets, votre historique et vos mots de passe — n’est diffusée que sous une forme volontairement illisible (page officielle sur le sujet). Sur un logiciel vendu sur le respect de votre vie privée, la partie qui manipule vos données est précisément celle que personne ne peut vérifier.
Ensuite, Vivaldi envoie des informations à ses serveurs toutes les 24 heures : un identifiant, la version du logiciel, le type de processeur, la taille de votre écran. Votre adresse IP est rendue anonyme avant d’être stockée, et les serveurs sont en Islande (politique de confidentialité Vivaldi). C’est limité, c’est documenté, l’entreprise est norvégienne, et rien là-dedans n’est scandaleux.
Mais comparé à Mullvad, qui ne gagne rien sur son navigateur, ou à LibreWolf, qui n’envoie rien du tout, Vivaldi n’est pas au niveau des six ci-dessus. Il reste un excellent navigateur, si votre priorité est la personnalisation et non la vie privée.
Quel choix selon votre profil
Vous voulez arrêter d’être pisté, sans y passer du temps
Brave. Installez, importez vos favoris, terminé. C’est le seul dont le niveau de protection par défaut est élevé sans réglage, et c’est ce qui compte quand la vraie alternative est de rester sur Chrome.
Vous ne voulez pas renforcer le monopole de Google
Firefox, en réglant la protection contre le pistage sur « Stricte ». Vous acceptez en échange que Mozilla soit payée en grande partie par Google : c’est un choix militant assumé, pas une victoire nette. Si votre choix se joue précisément entre ces deux navigateurs, nous détaillons l’arbitrage dans Brave vs Firefox.
Le pistage publicitaire est votre préoccupation principale
Mullvad Browser sur ordinateur, avec ou sans VPN. C’est le choix le plus cohérent du lot, à condition d’accepter les quelques sites qui s’afficheront mal et l’absence de version pour téléphone.
Vous devez protéger une source, ou contourner une censure
Tor Browser, et rien d’autre. Aucun des cinq autres ne masque votre adresse IP. Utilisez-le en complément d’un navigateur ordinaire pour le reste de votre navigation, plutôt qu’en remplacement.
Vous êtes à l’aise avec la technique, sous Linux notamment
LibreWolf, à condition d’avoir un moyen fiable d’installer ses mises à jour, puisqu’il ne le fait pas seul. Dans tous les autres cas, prenez Firefox en mode « Stricte » : le résultat est proche et les correctifs de sécurité arrivent automatiquement.
L’essentiel de votre navigation est sur téléphone
Brave ou Firefox, les seuls de cette liste à exister vraiment sur téléphone comme sur ordinateur, avec synchronisation entre les deux. Tor Browser existe sur Android mais pas sur iOS, où le projet renvoie vers Onion Browser. Mullvad Browser n’existe pas sur mobile.
Points de vigilance
Un navigateur ne remplace pas un VPN, et l’inverse est vrai aussi. Le navigateur protège de ce que les sites apprennent de vous ; le VPN protège de ce que votre fournisseur d’accès apprend. Mozilla le dit pour son propre mode privé. Seul Tor Browser couvre les deux volets, et à un coût d’usage élevé.
Changer de navigateur sans changer de moteur de recherche ne sert pas à grand-chose. Si votre nouveau navigateur interroge Google à chaque requête, vous avez déplacé le problème d’un cran.
Se connecter à votre compte Google dans Brave annule une partie du bénéfice. Bloquer les traqueurs ne sert à rien contre les données que vous livrez vous-même en restant identifié.
Méfiez-vous des classements qui placent Tor en première position. C’est défendable sur le papier et intenable au quotidien : qui suit ce conseil abandonne au bout de trois jours et retourne sur Chrome. Le meilleur navigateur pour la vie privée est celui que vous gardez.
Limites de ce comparatif
Nous n’avons pas mesuré nous-mêmes les empreintes numériques : les protections décrites ici viennent de la documentation des éditeurs, pas de tests que nous aurions menés. Deux points restent incomplets et autant le dire : le chiffre sur les revenus de Mozilla porte sur l’année 2023 et vient de la presse spécialisée, faute de comptes exploitables en ligne pour l’année en cours ; et aucune page officielle consultée ne précise sur quel moteur repose la version bureau de DuckDuckGo.
Voir aussi
- Brave vs Firefox : quel navigateur choisir ?
- Alternative à Gmail : 6 messageries pour remplacer Gmail
- Alternative à Microsoft Word : 7 traitements de texte à comparer
- Alternatives aux GAFAM : ce que ça coûte et ce qu’on perd
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Verdict
Installez Brave si vous voulez que le problème soit réglé aujourd’hui, Firefox si le monopole de Google vous préoccupe plus que les derniers points de protection, Mullvad Browser si vous êtes prêt à perdre un peu de confort pour le choix le plus rigoureux du lot.
Et gardez Tor Browser à côté, pas à la place : c’est le seul qui masque votre adresse IP, et le seul dont l’usage quotidien vous fera abandonner.
Un cas justifie de rester sur Chrome : une application métier qui ne fonctionne nulle part ailleurs. Utilisez-le alors pour cette application uniquement, et faites le reste de votre navigation ailleurs.
FAQ
Questions fréquentes
Le RGPD et la CNIL ne me protègent-ils pas déjà du pistage ?
Partiellement, et pas là où agit un navigateur. La CNIL exige votre accord avant tout traceur non indispensable, et elle compte l’empreinte numérique parmi les traceurs ; échappent à cette règle la connexion à un compte, le panier d’achat et une partie de la mesure de fréquentation (règles CNIL sur les cookies et traceurs). La loi encadre donc la demande d’autorisation, pas ce qui se passe après un clic sur « j’accepte ». Bloquer par défaut reste le travail du navigateur.
Brave est-il vraiment plus respectueux que Chrome, alors que les deux partagent le même moteur ?
Oui, et l’écart est réel. Brave bloque d’office les traqueurs, les cookies publicitaires et l’empreinte numérique, quand Chrome laisse les publicitaires vous suivre depuis que Google a abandonné son projet de les en empêcher. Les deux navigateurs partagent la même machinerie interne, mais Brave en a retiré tout ce qui collectait des données. La vraie réserve est ailleurs : Brave vend ses propres publicités, via un système que vous n’êtes pas obligé d’activer et qui est désactivé au départ.
Utiliser Tor Browser est-il légal en France ?
Oui, télécharger et utiliser Tor Browser est parfaitement légal en France, et le Tor Project est une organisation à but non lucratif dont le logiciel est utilisé par des journalistes et des ONG. Ce qui reste illégal, ce sont les actes commis en ligne, que vous passiez par Tor ou non. En pratique, l’obstacle est fonctionnel plutôt que juridique : certains services bancaires et commerciaux bloquent les adresses de sortie du réseau Tor.
Faut-il ajouter des extensions de blocage à un navigateur orienté vie privée ?
Non, et c’est contre-intuitif. Votre empreinte numérique se compose de vos particularités, donc chaque extension installée vous rend plus reconnaissable, pas moins. Le Tor Project déconseille explicitement d’ajouter des modules à Tor Browser, et l’équipe de LibreWolf avertit que toucher à un seul de ses réglages de protection peut l’annuler. Sur Brave, qui protège en vous rendant différent à chaque visite, un bloqueur de publicités fait surtout doublon avec les protections déjà présentes.
Quel navigateur vie privée choisir sur iPhone ?
Brave ou Firefox, en sachant que sur iPhone tous les navigateurs partagent le moteur imposé par Apple : les différences ne portent donc que sur les protections ajoutées par-dessus. Apple autorise depuis iOS 17.4 les moteurs concurrents pour les utilisateurs européens et documente la procédure, mais aucun navigateur grand public n’a franchi le pas. Tor Browser n’existe pas sur iPhone, où le Tor Project renvoie vers Onion Browser ; Mullvad Browser et LibreWolf sont réservés aux ordinateurs.
Firefox est-il encore un bon choix en 2026 ?
Oui, pour une raison de fond : c’est le dernier grand navigateur à ne pas tourner sur le moteur de Google, et il enferme depuis juin 2022 les cookies de chaque site dans un compartiment séparé, ce qui empêche les traqueurs de relier vos visites. Le point faible de Firefox n’est pas technique mais financier : environ trois quarts des revenus de Mozilla venaient en 2023 des moteurs de recherche installés dans le navigateur, Google en tête. Vous choisissez donc un contre-pouvoir dont l’adversaire paie une large part des factures.
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