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n8n vs Make : lequel choisir pour automatiser

Deux modèles de facturation opposés, une licence restrictive d’un côté : l’arbitrage se joue sur votre volume et votre compétence technique.

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L’arbitrage entre n8n et Make se résume rarement à une question de fonctionnalités : les deux savent lire un formulaire, appeler une API, écrire dans un tableur et prévenir sur Slack. Ce qui les sépare vraiment, c’est la façon dont ils comptent ce que vous consommez. n8n facture l’exécution d’un workflow, Make facture chaque module exécuté à l’intérieur. Sur un scénario de vingt étapes, cette seule différence produit un écart de facture d’un facteur vingt.

Le reste — l’ergonomie, la licence, l’auto-hébergement — vient ensuite, mais ce reste décide quand même pour une bonne partie des lecteurs.

Résumé rapide

  • n8n facture à l’exécution, avec des étapes illimitées. Make facture au module. C’est le critère dominant, et il départage seul la majorité des cas.
  • Make est plus simple à prendre en main, et son plan gratuit est réellement utilisable : 1 000 crédits par mois et deux scénarios actifs.
  • n8n n’est pas open source. Sa Sustainable Use License autorise l’usage interne et interdit de fournir le logiciel à un tiers autrement que gratuitement.
  • L’auto-hébergement officiellement supporté par n8n commence au plan Business, à 667 €/mois. L’édition Community s’installe gratuitement, mais sans support éditeur.
  • Prenez Make si vos scénarios sont courts ou si personne chez vous n’écrit de code, n8n dès que le volume ou la longueur des workflows monte.

Décision en 30 secondes

Comptez les étapes de l’automatisation que vous avez en tête et sa fréquence mensuelle.

Moins de cinq étapes, moins de mille déclenchements par mois, pas de compétence technique interne : Make, plan gratuit puis Core à 9 $/mois. Vous serez opérationnel le jour même.

Plus de dix étapes par scénario, ou plusieurs milliers de déclenchements, ou une personne capable de lire du JSON : n8n, plan Starter à 20 €/mois. La courbe d’apprentissage est réelle et elle est rentabilisée en quelques semaines de facture.

Vous hébergez l’outil pour des clients et facturez cette prestation : ni l’un ni l’autre sans lire les licences. Voyez la section dédiée plus bas.

Tableau comparatif

Critèren8nMake
Unité facturéel’exécution du workflow, étapes illimitéesle crédit, ≈ 1 module exécuté
Plan gratuitédition Community auto-hébergée, sans support1 000 crédits/mois, 2 scénarios actifs, intervalle 15 min
Entrée de gammeStarter, 20 €/mois annuel, 2 500 exécutionsCore, 9 $/mois, 10 000 crédits
Palier suivantPro, 50 €/mois annuel, 10 000 exécutionsPro, 16 $/mois, 10 000 crédits, exécution prioritaire
Utilisateursillimités sur tous les plansselon le plan, rôles d’équipe au plan Teams
Auto-hébergement supportéplan Business, 667 €/moisnon proposé
Licence de l’édition libreSustainable Use License, non OSIsans objet, SaaS uniquement
Éditeurn8n GmbH, BerlinMake, Prague, filiale de Celonis (Munich)
Hébergement des donnéesAzure, Union européenne, SOC 2choix de région : Europe ou Amérique du Nord
Export des workflowsJSON versionnableexport de scénario (blueprint)

Les différences qui comptent vraiment

La facturation, et pourquoi l’écart est si large

Un exemple concret vaut mieux qu’un tableau. Prenez une automatisation qui, à chaque nouveau formulaire reçu, vérifie si le contact existe déjà, crée ou met à jour une fiche, envoie un e-mail de confirmation, ajoute une ligne dans un tableur et notifie un canal Slack. Comptez huit modules avec les conditions.

Chez Make, ces huit modules consomment environ 8 crédits par déclenchement. À mille formulaires par mois, vous êtes à 8 000 crédits — les 10 000 du plan Core suffisent, tout juste. À trois mille formulaires, il faut acheter des crédits supplémentaires ou monter de plan.

Chez n8n, le même scénario coûte une exécution. Mille formulaires consomment mille exécutions sur les 2 500 du plan Starter. Trois mille formulaires tiennent encore dans le plan Pro à 50 €/mois, avec de la marge.

L’écart n’est pas linéaire : il s’élargit exactement dans la mesure où vos scénarios se complexifient. C’est la raison pour laquelle n8n gagne du terrain chez ceux qui ont commencé sur Make et dont les automatisations ont mûri.

L’ergonomie, où Make garde une avance nette

Make affiche les scénarios comme un schéma : les modules sont des bulles reliées, on voit les données passer d’une bulle à l’autre, et on comprend le flux avant d’avoir lu la documentation. Pour quelqu’un qui n’a jamais automatisé quoi que ce soit, c’est décisif.

n8n demande une gymnastique mentale supplémentaire. Les données circulent sous forme d’éléments structurés qu’il faut savoir manipuler, souvent avec des expressions, parfois avec un nœud de code. Rien d’insurmontable, mais ce n’est pas la même première heure. Le nombre de tutoriels français disponibles sur Make reflète cet écart.

Cette avance n’a pas d’effet sur la facture, et c’est le piège : le confort initial de Make se paie plus tard, au module.

La licence, le point que les comparatifs escamotent

n8n est très souvent présenté comme open source. Il ne l’est pas au sens de l’Open Source Initiative. La Sustainable Use License autorise l’usage interne à votre organisation, l’usage personnel et non commercial, et la création de dérivés pour votre propre usage. Elle interdit de distribuer le logiciel ou de le fournir à des tiers autrement qu’à titre gratuit et pour un usage non commercial. Les fichiers dont le nom contient .ee. relèvent en plus d’une licence Enterprise distincte.

Pour l’écrasante majorité des lecteurs — une entreprise qui automatise ses propres processus — cette licence ne change rien. Elle devient bloquante dans un seul scénario, mais fréquent : l’agence ou le prestataire qui héberge une instance n8n et facture ce service à son client. Là, il faut un accord Enterprise, ou un autre outil.

Make ne pose pas cette question, pour une raison simple : il n’existe qu’en SaaS. Il n’y a rien à auto-héberger, donc rien à relicencier.

L’auto-hébergement, moins gratuit qu’annoncé

L’édition Community de n8n s’installe sur un serveur en quelques minutes, sans frais de licence. C’est vrai, et c’est un argument fort pour qui veut garder ses données et ses identifiants sur sa propre infrastructure — un sujet réel quand les workflows manipulent des tokens OAuth vers l’ensemble de vos outils métier.

Mais le mot « gratuit » masque trois coûts. Le serveur d’abord : une instance confortable demande un VPS correctement dimensionné, autour de 5 à 6 € HT par mois en entrée de gamme, et notre comparatif des meilleurs VPS cloud détaille les offres françaises. L’exploitation ensuite : mises à jour, sauvegardes testées, supervision de l’instance via un outil de monitoring. Le support enfin : il n’y en a pas. L’auto-hébergement officiellement supporté par l’éditeur commence au plan Business, à 667 €/mois — un chiffre qui situe assez bien à qui n8n destine cette formule.

L’édition Community reste un excellent choix pour une équipe technique. Elle est un mauvais choix pour une PME sans administrateur système, quel que soit le prix affiché.

La souveraineté, un faux clivage entre ces deux-là

Sur ce point, les deux sont plus rassurants que la moyenne du marché SaaS, et l’opposition habituelle ne tient pas.

n8n GmbH est une société allemande basée à Berlin ; son cloud stocke les données en Union européenne, sur Microsoft Azure, avec chiffrement au repos en AES256 et une conformité SOC 2 auditée annuellement. Make a été créé à Prague et appartient depuis 2020 à Celonis, société allemande basée à Munich ; la plateforme permet de choisir sa région d’hébergement entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

La réserve est la même des deux côtés et elle est structurelle : une donnée hébergée en Europe sur une infrastructure américaine reste dans le champ du CLOUD Act. Si votre exigence est juridique et non seulement géographique, aucune des deux offres cloud n’y répond — seule une instance n8n sur votre propre infrastructure le fait. C’est le raisonnement que nous appliquons aux alternatives aux GAFAM.

Quel outil choisir selon votre cas

Vous automatisez pour la première fois

Make. Le plan gratuit vous laisse deux scénarios actifs, ce qui suffit largement à découvrir si l’automatisation vous fait gagner du temps sur vos tâches réelles. Vous saurez en une soirée. Choisir n8n à ce stade, c’est ajouter une difficulté technique à une question qui n’est pas encore tranchée.

Vos scénarios comptent plus de dix étapes

n8n, sans hésiter. C’est le cas d’usage où la facturation à l’exécution devient écrasante. Vérifiez seulement, avant de migrer, que vos connecteurs critiques sont présents : l’écosystème n8n est large mais reste un peu moins exhaustif que celui de Make sur les outils métier de niche.

Vous branchez des modèles IA dans vos workflows

Avantage n8n, mais pour une raison indirecte. Chez Make, les modules IA passés par le fournisseur intégré consomment des crédits selon les tokens et les opérations, ce qui rend la facture imprévisible. Chez n8n, l’exécution reste l’unité, quel que soit le nombre d’appels internes. Dans les deux cas, branchez votre propre clé API dès que ces étapes deviennent régulières. Si le choix du modèle n’est pas encore fait, notre guide pour choisir un outil IA vient avant cette décision.

Vous êtes une agence et vous facturez des automatisations hébergées

Ni l’un ni l’autre tel quel. La licence de n8n exclut ce modèle sans accord Enterprise ; Make n’a rien à héberger. Regardez un outil sous licence permissive : notre comparatif des outils d’automatisation no-code traite le cas d’Activepieces, sous licence MIT.

Vos données ne doivent pas quitter votre infrastructure

n8n, édition Community, sur un serveur européen. C’est le seul des deux qui rende cela possible, et c’est un argument sérieux quand une instance d’automatisation concentre les identifiants d’accès à toute votre pile logicielle. À condition d’assumer l’exploitation : sans administrateur, ce choix se transforme en dette technique.

Les erreurs de choix classiques

Choisir Make sur la seule comparaison des prix d’entrée

9 $/mois contre 20 €/mois : Make semble deux fois moins cher. Mais 10 000 crédits chez Make ne se comparent pas à 2 500 exécutions chez n8n, puisqu’une exécution n8n absorbe autant d’étapes que nécessaire. La seule comparaison valide passe par vos propres scénarios, étapes comptées.

Croire que l’édition Community de n8n est gratuite

Elle est sans frais de licence, ce qui n’est pas la même chose. Le serveur, les sauvegardes, les mises à jour et l’absence de support ont un coût, principalement en temps. Beaucoup d’instances auto-hébergées finissent abandonnées faute d’avoir posé la question « qui s’en occupe ? » avant l’installation.

Prendre n8n pour un logiciel open source

L’erreur est répandue au point d’être devenue la norme dans les comparatifs francophones. Elle est sans conséquence pour un usage interne, et coûteuse pour qui construit une offre commerciale sur cette hypothèse. Lisez la licence avant de bâtir un modèle économique dessus.

Mettre en production sans notification d’erreur

Valable pour les deux. Une automatisation qui échoue en silence est plus dangereuse qu’une absence d’automatisation, parce qu’on continue de lui faire confiance. Configurez l’alerte en cas d’échec avant d’activer le scénario, pas après le premier incident.

Verdict par critère

Prise en main

Make. L’éditeur visuel se comprend sans documentation, et l’écosystème de tutoriels en français est nettement plus fourni.

Coût à volume réel

n8n. La facturation à l’exécution avec étapes illimitées est le meilleur modèle du marché dès que les scénarios dépassent quelques modules.

Étendue du catalogue de connecteurs

Make, de peu, surtout sur les outils métier de niche. L’écart s’est beaucoup resserré et ne devrait plus décider seul.

Contrôle des données

n8n, seul des deux à proposer une instance sur votre infrastructure. Sur les offres cloud, les deux sont hébergés en Europe et à égalité.

Clarté juridique

Make. Un abonnement SaaS ne pose aucune question ; la licence de n8n en pose une dès qu’un tiers est facturé.

Automatisations avec IA

n8n, pour la prévisibilité du coût. La consommation de crédits au token chez Make rend le budget difficile à tenir.

Voir aussi

Verdict

Make pour démarrer et pour les scénarios courts, n8n dès que le volume ou la longueur des workflows monte. Ce n’est pas un compromis diplomatique : les deux outils ont choisi des modèles de facturation opposés, et chacun gagne franchement sur son terrain. Le vrai conseil est de trancher tôt, parce que la migration se fait à la main et qu’elle coûte d’autant plus cher que vous avez accumulé de scénarios. Et si votre projet consiste à héberger de l’automatisation pour des clients, lisez la licence de n8n avant d’écrire la première ligne de votre offre.

FAQ

Questions fréquentes

n8n est-il moins cher que Make ?

Cela dépend entièrement de la longueur de vos scénarios. n8n facture l’exécution d’un workflow avec un nombre d’étapes illimité, quand Make facture environ 1 crédit par module exécuté. Sur une automatisation de deux étapes, Make est moins cher ; sur une automatisation de vingt étapes, n8n l’est très largement. Comptez les étapes de vos scénarios réels avant de comparer les grilles tarifaires.

n8n est-il open source, contrairement à Make ?

Non, et c’est l’erreur la plus répandue dans les comparatifs de ces deux outils. n8n est distribué sous Sustainable Use License, une licence « fair-code » non approuvée par l’Open Source Initiative : elle autorise l’usage interne et non commercial mais interdit de fournir le logiciel à un tiers autrement qu’à titre gratuit. Make, disponible uniquement en SaaS, ne propose aucune édition téléchargeable.

Peut-on auto-héberger Make ?

Non. Make existe exclusivement en service hébergé, avec un choix de région entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Si l’installation sur votre propre serveur est un critère, n8n est le seul des deux à le permettre, via son édition Community — sachant que l’auto-hébergement officiellement supporté par l’éditeur n’apparaît qu’au plan Business à 667 €/mois.

Le plan gratuit de Make suffit-il pour commencer ?

Oui, pour valider un usage. Le plan gratuit de Make offre 1 000 crédits par mois et deux scénarios actifs, avec un intervalle minimal de 15 minutes entre deux déclenchements. Cela couvre par exemple une automatisation de cinq modules déclenchée environ deux cents fois par mois — assez pour savoir si l’outil vous fait gagner du temps avant de payer quoi que ce soit.

Migrer de Make vers n8n est-il compliqué ?

Aucun des deux éditeurs n’annonce d’import automatique d’un scénario Make vers n8n : chacun exporte ses workflows dans son propre format, et la reconstruction se fait à la main. Comptez le temps de rebâtir chaque scénario nœud par nœud, ce qui reste raisonnable pour quelques automatisations et devient un projet au-delà d’une dizaine. C’est un argument pour trancher tôt, avant d’avoir accumulé des dizaines de scénarios sur la mauvaise plateforme.

Où sont hébergées les données de n8n et de Make ?

n8n GmbH, société basée à Berlin, stocke les données de son cloud sur Microsoft Azure en Union européenne, avec chiffrement au repos et conformité SOC 2. Make, créé à Prague et détenu par l’allemand Celonis, laisse choisir la région d’hébergement entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Dans les deux cas, l’infrastructure sous-jacente est américaine, donc soumise au CLOUD Act malgré la localisation européenne.

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